Préparer sa grossesse : une décision à deux, la santé pour trois !

Grossesse

Chers amis,

Je reçois beaucoup de questions sur mon siteet sur famillessanteprevention.org, qui tournent autour de la grossesse. Combien de jeunes femmes ou de jeunes hommes sont en manque d’information dans ce domaine, alors que tous les moyens sont ouverts avec internet pour chercher et apprendre… Sauf que c’est un sujet sensible, et si les liens familiaux intergénérationnels n’ont pas permis d’échanges suffisants dans ce domaine, on reste désorienté.

La grossesse ? Mais oui cela peut et doit se préparer ! Voilà la prévention première : préparer la conception.

J’ai réuni ici vos questions les plus fréquentes, pour essayer d’apporter des réponses simples et utilisables pour tous.

Question 1 – Nous savons qu’une nutrition de qualité est importante pour la santé. Nous voulons un bébé : que doit-on faire avant de « concevoir notre bébé ? »

Les questions autour de la grossesse sont multiples, et parmi elles en particulier la nutrition.

Les recommandations pendant la grossesse, quant à elles, sont nombreuses, mais on ne parle pas assez de la période qui précède. Et pourtant, on le sait : une grossesse, cela se prépare pour éviter les problèmes, cela se décide à deux, et c’est la future mère ou celle qui l’est déjà qui, étant la plus impliquée, a le dernier mot.

Or les futurs parents sont très mal informés et désorientés. Une enquête sur le suivi périnatal de la Communauté Périnatale de l’Agglomération Versaillaise (CPAV) (1) montre que « dès avant la conception, les femmes ont besoin de conseil et de prise en charge. » Elles manquent de conseils à la fois préventifs, nutritionnels, pour elles-mêmes, et pour les besoins de leur bébé.

Il ne faut pas engager une grossesse sans que la future mère soit en bonne santé, ou la meilleure possible. C’est vrai aussi pour le père ! Concevoir l’enfant pendant les périodes de vrai repos, les vacances par exemple c’est l’idéal !

Le désir ou l’attente d’enfant – qui implique tout autant l’homme que la femme – devrait tenir compte, si possible de notre équilibre affectif, bien sûr, mais, à la base, de notre santé physique et donc de notre état nutritionnel. L’objectif est évidemment la santé de l’enfant.
On ne programme pas une grossesse en période de stress, de fatigue, si on est grippée, ou avant et pendant un long et fatiguant voyage… Mais il faut aussi se préoccuper d’éviter les comportements ou traitements dangereux pour le bébé à venir.
L’expression tomber enceinte pourrait bien devenir bientôt obsolète, si l’on donnait toute son importance à la préparation en couple d’une grossesse.

1 – Éviter les toxiques : attention aux médicaments

Nous savons bien que les toxiques persistent plus ou moins longtemps dans l’organisme !
Il est donc sage de les exclure le plus tôt possible, et 6 mois à un an avant la conception nous paraissent une durée raisonnable de préparation/réparation de notre corps.

Les recommandations avant la grossesse peuvent être classées en trois types de précautions :
– exclure évidemment les toxiques comme le tabac, l’alcool, les haschichs (ou plus…)
– stopper certains traitements médicamenteux qui ne sont pas vraiment indispensables (antibiotiques, antidépresseurs, somnifères, anxiolytiques, amaigrissants..)
– supprimer les consommations hormonales, et donc aussi les pesticides de l’alimentation, pour leur action hormonale. Ils font partie des perturbateurs endocriniens, d’où l’intérêt du bio avant et pendant la grossesse, et évidemment pendant l’allaitement.

Qui sait et qui ose dire que les hormones de la contraception persistent dans l’organisme de la femme, puisqu’on les retrouve, même à petites doses, autant dans le lait maternel que dans les fleuves du fait des excrétions urinaires… Il en va de même pour le lait des vaches inséminées avec des hormones ou qui donnent leur lait alors qu’elles sont dans une 2ème gestation. Il faut donc les exclure totalement de votre alimentation le plus longtemps possible avant une grossesse.

2 – Changer ses habitudes alimentaires : il n’est jamais trop tôt, mais il est toujours temps.

Tout déséquilibre nutritionnel peut entraîner des dérèglements à l’origine de pathologies de la mère et/ou de l’enfant.

En particulier l’on doit insister sur les risques dus à :
– la malnutrition de l’obésité, connus de tous
– la malnutrition des substances addictives (alcool, tabac, drogues même douces,.),
– la malnutrition des infections chroniques (Infections Sexuellement Transmissibles : sida, tuberculose, syphilis et même cancers d’origine virale…)
– la malnutrition ”calcique” des traitements hormonaux : des études ont rapporté une corrélation entre la contraception orale chez l’adolescente, la jeune femme et la déminéralisation de l’os à un âge plus avancé.

Toutes ces pathologies ont des conséquences néfastes pour le développement du nouveau-né.

Question 2 – Peut-on prévenir par la nutrition les anomalies de naissance ?

Il n’y pas de certitude absolue, car la génétique peut être en cause (consanguinité des parents en particulier, et nombreuses autres pathologies qui sont l’objet de recherches ciblées).
La bonne alimentation doit être consommée dans le calme et avec un respect des phases de la digestion (mastication prolongée permettant une bonne salivation pour la meilleure assimilation buccale, par absorption sublinguale de certains micronutriments). Elle doit pouvoir assurer à l’organisme la plus grande couverture de ses besoins quotidiens.

Ainsi, l’on sait que certains comportements nutritionnels sont retrouvés dans les causes des problèmes à la naissance.

– Les excès nutritionnels en particulier sucres et sucres cachés (2) sont responsables de l’obésité, et sont cause d’infertilité du fait de la production accrue d’insuline et les blocages plus ou moins importants au niveau de l’hypophyse et par voie de conséquence au niveau des ovaires, qui sont très important pour la conception et au début de la grossesse.
En plus des risques accrus d’obésité, on a démontré qu’il y a davantage de maladies cardio-vasculaires à l’âge adulte pour l’enfant.

– Les carences en Iode : il faut veiller à consommer des produits de la mer : l’Iode aide au développement normal de la thyroïde du bébé, à son développement neurologique : la supplémentation proposée par la médecine est de 200 à 250µg par jour : en aliments, mieux assimilés, cela correspond à :

• une portion de poisson 2 à 3 fois par semaine, salée au sel iodé (15mg d’iode/kg de sel) : surtout du thon et du hareng.
• parmi les végétaux : les algues en particulier (kombu, dulse, wakamé, nori) ; l’ail, l’ananas, la noix de cajou et le poireau ; l’oseille, les figues sèches, l’aubergine, l’asperge, le melon, la pêche, les épinards, le chou et les radis, la courge, la tomate…

– Les carences en Vitamine B9 ou acide folique sont en cause dans l’apparition du spina bifida (3), des retards de croissance intra-utérin. Or c’est une vitamine très présente dans une alimentation riche en fruits et légumes frais. Elle concerne autant la mère que le père.
Les aliments riches en folates sont :
– les végétaux à feuilles : salades , épinards, chou, fines herbes, tout ce qui est vert et de saison.
– les légumineuses : haricots blancs, pois, lentilles, pois chiches…
– les fruits frais de saison, les fruits secs
Ils doivent être consommés frais, de saison, de proximité et bio, en particulier les fruits, et conservés au réfrigérateur moins d’une semaine. Ne pas oublier de mastiquer longuement avant d’avaler.

Les légumes doivent être très peu cuits grâce à une cuisson à température et durée limitées : cuisson à la vapeur douce et courte à 95°C. Ainsi les légumes sont croquants, « al dente » . Les fruits doivent être toujours consommés crus.

Les meilleures supplémentations sont alimentaires : la ration quotidienne hors temps de grossesse est d’environ 0,4 mg d’acide folique pour toute femme, et systématiquement de 4 mg pour une femme ayant un antécédent d’enfant porteur d’un spina bifida.
La durée de consommation sera de 3 mois (1 mois avant la conception au moins + 3 premiers mois de Grossesse + le temps de l’allaitement). Le père doit aussi être supplémenté, un mois avant la conception, pour avoir des spermatozoïdes de bonne qualité.
A noter qu’il faut associer à la Vitamine B9 : de la Vitamine E de l’huile d’olive, du riz bio complet, des lentilles germées ou croquantes (5 mn vapeur douce) ; de la Vitamine A des oeufs frais coque ou a plat avec le jaune liquide (pas trop de cuisson).
Ne pas oublier le zinc naturel, important pour la fertilité, excellent dans les huîtres, le hareng, les foies de volailles, le jaune d’oeuf.

– La Vitamine B12 : voilà une carence à éviter chez la femme avant et pendant la grossesse. Elle est typique des régimes végétaliens ou ”vegan”, car cette vitamine est présente surtout dans les produits animaux : à consommer dans foie cuit, huître, hareng fumé, le thon, le jaune d’oeuf…

Bien sûr d’autres nutriments sont fondamentaux, comme les minéraux et oligo-éléments (calcium, magnésium, fer, zinc, cuivre …) et toutes les vitamines C, A, E, en plus des vitamines du groupe B si importantes pour le développement du cerveau et de la moelle épinière.

On les trouve toutes et de grande qualité dans les graines oléagineuses (noix, noisettes en particulier) et légumineuses, surtout si ces dernières sont germées (Bio), et dans une alimentation complète qui porte toute la cohérence de ses nutriments naturels dans les aliments non raffinés !

La meilleure prévention est de pratiquer l’Alimentation méditerranéenne

Les habitudes Méditerranéennes sont très efficaces. On compte deux fois moins de Spina bifida, de fentes palatines, de malformations sévères, avec la nutrition méditerranéenne.

Ce n’est pas un hasard, car sa composition est extrêmement riche en végétaux de qualité : fruits et légumes frais (80% minimum), poissons et fruits de mer, huiles végétales type olive, noix, colza, cameline, ce qui en fait une nutrition des plus complètes par la variété des aliments qu’elle apporte.
L’idéal étant qu’ils soient bio, et que les poissons soient sauvages, en évitant les gros poissons prédateurs (thon, espadon,…) chargés en métaux lourds. Quant aux toxiques qui peuvent persister dans certains aliments, il ne faut pas oublier cependant l’effet nettoyant par transpiration de la cuisson à la vapeur douce, dont l’eau de cuisson bien sûr n’est pas consommable : elle est chargé des toxiques ainsi éliminés.

Question 3 – Préparer l’affectif et le physique

– Préparer la grossesse, c’est préparer son Corps

Notre corps a besoin d’extérieur : du soleil pour la Vitamine D naturelle, la meilleure ; de l’air et de l’exercice physique régulier et sans excès, pour un organisme sain. S’oxygéner, c’est nourrir et nettoyer vos cellules, bouger c’est entretenir tous vos muscles et fortifier votre squelette. Ils ont besoin de se préparer à cette épreuve physique particulière qu’est le développement de l’enfant en soi et sa délivrance.

– Préparation de la grossesse : père et mère, un milieu affectif vital pour l’enfant

L’affectif aussi se prépare et s’entretient, se développe. La conception, si possible, doit être le fait du couple : père et mère doivent se pencher sur la place et le rôle du futur père, une grossesse monoparentale n’est pas facile à vivre, comme la maternité monoparentale par la suite. Il est des monoparentalités subies, dans la solitude, quand le père ne s’implique pas. Elles ne sont pas moins douloureuses que les monoparentalités sans père.
Cela provoque souvent une fragilité chez la future maman qui permet de mesurer combien elle a besoin de soutien.

Préparer l’accueil de l’enfant ne se borne pas à ses petits vêtements et aux meubles de sa chambre…

Un entourage plein d’affection et de compréhension, un compagnon attentif, sont nécessaires pour commencer et vivre psychologiquement de façon positive ce qui doit être un temps privilégié pour la femme, l’enfant qu’elle va porter, et le compagnon qui souhaite initier avec elle cette nouvelle histoire !

Bien cordialement

Christine Bouguet-Joyeux

 

Notes de Bas de Page

(1) Site Internet de la CPAV
(2) Les sucres cachés sont dans tous les produits laitiers, les céréales industrielles et le pain surtout blanc, les conserves et toutes les cuissons excessives au-delà de 100°C.
(3) C’est la non-fermeture de la partie basse du dos où une hernie de la moelle épinière apparaît comme divisée en deux (bifide).

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